
Peinture @ClovisNgoy
Ils sont femmes, mais parfois hommes. Ils sont force, courage, abnégation, et espoir. Ces héros sont vous les femmes que la vie a voulu briser, mais qui êtes toujours debout, pour vos enfants, pour vous, pour l’humanité. Dans la pénombre de votre quotidien, j’espère que mes mots reconnaissants vous aideront à être plus forts, et à garder espoir.
- par Gratia Ancilla Ndikumana
Noël est déjà là, et je suis perdue dans mes pensées. Je réfléchis au genre de cadeaux à offrir, sinon que je vais recevoir. Quelle robe mettre ? Quels seront les accessoires, le maquillage, etc. Plein de petits détails passent par ma petite tête. Je ne suis pas la seule femme à penser ainsi (parce que les femmes et les détails, hein!). Tout d’un coup cette excitation pour les fêtes de noël et de fin d’année vire à autre chose: je me sens triste sans savoir pourquoi. Tout me semble fade, alors que je commençais à compter mes bénédictions, à me dire que la vie m’a vraiment gâtée. Tout ce bonheur qui me traversait disparaît subitement.
Juste parce que je pense à toi chère femme, qui tout comme moi, aurait voulu passer un noël auprès des tiens. Un noël ou tu ferais plaisir à tes enfants. Pardon, je voulais dire l’unique enfant que t’aie jamais eu. Je pense à toi pour qui, un jour, le soleil s’est couché. Et pendant que tu attendais qu’il se lève à nouveau, tu n’as pas pu croire à ce que le monde venait de te faire. Tu ne pourras certes pas oublier le sourire de ton bébé, ses premiers cris et tout ce qu’a été sa vie. Il n’est plus et je sais que tu aurais souhaité partir en premier. Pauvre petit! Ce n’était qu’un enfant plein de rêves et d’innocence.
Je pense à toi aussi chère femme, qui ne peut plus ouvrir les yeux car ‘’la vie n’a plus rien de beau à t’offrir’’. Tu ne peux plus prononcer un mot sur ton bonheur, car ce n’est que passé lointain. Tu n’es même plus libre de penser, de rêver, de promettre ou de souhaiter à ton enfant plein de bonnes choses pour noël ; tu es tellement loin de lui…Il ignore tout de ce qui t’est arrivée, on a dû lui mentir, lui dire que tu es en mission de travail, ou je ne sais quoi encore. Il ne sait pas que sa maman est quelque part derrière les barreaux. Il ignore ce monde si cruel et c’est la seule bonne chose qui réchauffe ton cœur. Et tu penses à cette autre femme qui, elle, est en prison avec son bébé. Tu te dis alors que ta situation n’est pas des pires.
Et puis il y a toi qui n’arrive plus à ouvrir ni les yeux ni la bouche. Tu as décidé de ne regarder qu’à travers ton cœur. Tu serres très fort ce trésor que la vie t’a offert, ton enfant. Tu ne peux plus le regarder dans les yeux et lui dire tout simplement que la vie a changé depuis ce coucher du soleil qui a emporté toute une histoire. Tu voudrais bien lui dire la vérité mais tu as peur, ce n’est qu’un enfant. Il ne comprendra jamais comment le père noël ne viendra pas cette année, pourquoi il n’arrive pas jusqu’aux camps de réfugiés, ni comment la misère s’est invitée chez vous. Ce petit innocent ne pourra pas saisir l’idée selon laquelle les jours de noël peuvent être différents d’années en années. Tu es si forte, mais dans ton cœur tu pleures. Et pourtant, tu fais les radieuses pour que ton enfant ne puisse pas voir tes larmes, ton désespoir, ton agonie.
Je ne peux pas t’oublier, toi, femme, qui te bat du jour au lendemain pour que les enfants ne sachent rien de ta vie infernale avec ‘’leur père’’ (c’est tout ce qu’il lui reste à tes yeux). Tu es restée ‘’Umupfasoni’’ parce que la société te l’exige et que tu n’y peux plus rien du tout. Tu es si triste dans ton cœur car tu sais que ce noël sera encore pire que le dernier. Il n’y aura plus de diner en famille. Tu pleures souvent mais tu es si forte et tu te maquilles de ton sourire pour camoufler le reste.
Loin de moi l’idée d’oublier cet homme, père de famille qui a joué le rôle de papa et de maman tous les jours de sa vie et qui a été incompris par ses amis, sa famille et ‘’la mère de ses enfants’’. Il est aussi un ‘’Umupfasoni’’. Il a tout supporté depuis très longtemps, et il reste debout. Ainsi que celui qui a dû partir loin des siens. Celui qui a vu ses enfants périr sans être capable de les venir en aide. Je sais combien c’est si dur de se sentir impuissant.
Bon courage à vous, que ce noël vous apporte une lueur d’espoir, une victoire dans votre combat de tous les jours. Que la lumière éblouisse vos cœurs afin de pouvoir surmonter toutes les épreuves et vous en faire sortir vainqueurs. Je pense à vous et je suis triste de ne pouvoir rien faire.

Merci Gaga, c’est un bel hommage..c’était si bon de lire que j’aurai aimé continuer de te lire parlant de tous ces héros non chantés..comme ils sont nombreux!!
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