« Le plus beau film de ma vie. »

Gratitude, Hommage
@Holyziner

Petite, je me disais que si ma vie avait été un film, j’allais interpréter le personnage de papa.  

Tellement, il me fascinait !

Et aujourd’hui, 28 ans après son départ, j’ai pris le temps de m’asseoir et de visionner “le film” de la femme et la maman que je suis devenue. 

What a wow !!  

It’s amazing how I can see my papa in me !!  

Plusieurs points : sa résilience, son humour, sa façon d’encourager les autres, “amanyama yiwe”🤣 Non mais en français ç’a un sens positif “avoir confiance en soi, l’estime de soi.” Mais je ne lui arrive pas à la cheville.  

Petite, j’avais beaucoup plus de confiance en moi, parce qu’il était là 🙁.  

Papa nous a aussi appris à ne pas se laisser faire !  

À combattre pour notre liberté et celle de l’autre.  

À ne jamais tolérer l’injustice.

Mon papa adorait le bricolage : il réparait, montait, démontait, fabriquait, transformait tout !! Et l’électricité n’avait aucun secret pour lui.   

Now, Guess What? 

Shima ne croit pas trop aux livres d’enfants dans lesquels c’est toujours le papa qui répare les jouets, assemble les meubles, a sa valise à outils, etc. 

Parce que chez lui, eh bien, c’est sa maman qui s’occupe de la réparation de son vélo.   

Et moi, à chaque fois, que je le fais, je revois les scènes du papa bricoleur. Et je m’en réjouis. Tellement fière d’avoir si bien incarné le rôle de mon papa. Je ne me plains jamais quand il y a besoin de réparation. 

Pour vous faire mourir de rire,

Je vous emmène avec moi.

Fermez les yeux, ouvrez ceux du cœur.

Le son que vous entendez, c’est celui de Netflix quand arrive le héros :

Un petit bonhomme de 116 cm fait son entrée dans une pièce. Elle scintille dès qu’il y franchit, comme quoi sa simple présence colorie nos mondes.
Voyez-vous comment il bouge ses hanches ? De droite à gauche, il pose délicatement un petit pas après l’autre, comme s’il entendait un son guidant ses mouvements. Cette scène me ramène direct dans mon enfance. C’est hallucinant !

Basha, 

Qui a la même démarche que mon papa ? 🥹  

Lui a-t-il laissé ses hanches ? 👀  

Je ne rêve pas, vous non plus. C’est réel.
SHIMA a toute l’élégance de son grand-père qu’il n’a jamais rencontré ! 

Pour terminer, je confirme le poème « Souffles » de Birago Diop.

Les morts ne sont pas morts ! Et je le complète ainsi : ils sont en nous ! 

Je ne vous ai même pas parlé de comment mes deux frères lui ressemblent tellement !  

Du coup, aujourd’hui, aidez-moi à célébrer la vie du papa qui est en nous ! 

P.S : À celleux qui posent toujours la question de savoir combien de temps il faut pour que la perte d’un être cher ne fasse plus mal ?  Ou quand se termine le deuil ? Je leur dirai, laissez tomber avec cette question ! 

Car, un papa, ça manque même 28 ans plus tard !  

Parfois, je pense à lui, en me disant que j’aurais aimé le voir jouer avec Shima. Là, les gouttes chaudes qui peuvent couler sur mes joues, ont un goût un peu amer. 

Mais par la grâce de Dieu, là au moment où j’écris ces lignes, je pense à lui avec des larmes de joie, de gratitude pour ce que nous sommes devenus, bien qu’il ne soit plus là ! 

Et demain, si ç’arrive qu’il me manque terriblement, je vais m’accrocher à ce que je suis en train de vivre aujourd’hui. 

Si tu es en plein deuil d’un parent, je fais un gros câlin à ton cœur.

Pleure quand tu en as envie.

Et quand tu auras séché tes larmes, prends le temps d’observer ta vie, fais défiler les bons souvenirs.

Maintenant, oriente ton regard vers l’actualité, tout au fond de toi,

Et laisse ton cœur s’émerveiller, face à la découverte du précieux cadeau que t’a laissé ton parent parti. 🫂 

Je t’envoie beaucoup d’amour.  

Que mon Dieu te réconforte.

Kamamakeza 

Dear dad,

Hommage

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Il y a une année, je t’ai écrit une lettre, puis je l’ai perdue. Je recommence parce que je n’arrive pas à m’endormir, et je dois te rendre hommage comme je le fais souvent pour ma petite maman. Aujourd’hui, je lui ressemble de plus en plus, papa. Mais bien sûr, elle reste la plus belle femme du monde. Et puis, j’ai ton nez; ce qui n’est pas évident d’entrer en compétition avec elle (même si ça fait de moi un joli cocktail de vous deux, lol).

Papa, depuis le jour où tu es parti, je ne cesse de grandir. J’ai même l’impression d’avoir vieilli depuis. La vie n’a pas été ausssi rose que dans mes rêves, tu t’en doutes. Parfois, elle a été une vraie lutte et ma patience, mon courage ont été mis à l’épreuve, papa. J’ai appris à pardonner, à défendre les autres même quand je ne suis pas dans le confort total. J’ai compris que la joie et le bonheur sont faits pour être partagés. Que la vie a plus de valeur que quand on la met au service des autres. Maintenant, je vous comprends mieux toi et maman sur vos choix dans vos vies. J’aurais aimé pouvoir vous arriver à la cheville, mais je fais de mon mieux. Je sais, vous ne m’en voudriez pas parce que je n’exerce pas ni dans l’armée ni dans la médecine. Vous auriez simplement aimé que je sois originale. N’est-ce pas ? Je le suis, à ma manière.

La vie a fait que je combine une certaine dose de ton courage, ta patience, ton intégrité, ta franchise (même quand ça choque certains), ton humour, ton patriotisme. Bref, ton coeur  et celui de maman afin de pouvoir m’ouvrir à ce monde qui s’emploie à s’obscurcir du jour au lendemain. Des fois, elle me manque beaucoup l’époque où j’étais ‘’l’enfant chéri de papa et maman’’. Où le mot d’ordre de tous les jours était ‘’ndekera umwana’’(laisse mon enfant tranquille). J’ai comme une envie de redevenir une petite fille gâtée par ses parents ! Je sais pourtant que ce moment est révolu.

Mais papa, sache que je ne regrette rien de ce qui est arrivé. Parce que ça m’a aidé à grandir. La vie m’a forgée. Elle m’aidé à regarder mes amis comme ‘’mes frères et sœurs’’.  J’ai même eu des enfants, papa. Certains de mes amis m’appellent ‘’Maman Solidaire’’.

Tu ne vas pas me croire, papa, mais aujourd’hui j’aime bien mon nom de famille ‘’Ndikumana’’. Je ne le trouve plus ni trop masculin ni trop ‘’militaire’’ (amazina yabasoda, maskini). Je suis fière de le porter, papa. Je suis parmi les rares à porter  le même nom que leurs deux parents. #NDIKUMANA est tellement précieux à mes yeux maintenant. Et devine quoi! J’ai même ajouté ma touche, papa: le prénom de maman ‘’Ancilla’’.

Sais-tu ce qui me rend si fière de toi, papa ? Vingt-et-un ans plus tard, quand je croise quelqu’un de ton époque, il ne dit toujours que de bonnes choses sur toi. Certes, certains y mettent une dose de tes petites gaffes, blagues. Mais ton nom ne m’a jamais causé de problème.

Autre chose, c’est bizarre mais je remercie le seigneur que tu sois parti un peu tôt au lieu de finir assassiné, enlevé ou emprisonné injustement comme certains de tes amis, eux aussi pères de familles. Disons qu’on a été chanceux sur ce coup. Tu devrais aussi être fier de nous, tes enfants. Parce que nous sommes restés unis par l’amour que vous partagiez toi et maman. On vous ressemble sur tous les points, à tous les coups. C’ en est presque drôle de continuer à vous voir en nous.

Je t’aime papa! Et si j’avais une possibilité de choisir un père, je te choisirai encore, et toujours. Tu me manques beaucoup, papa.

Gratia Ancilla Ndikumana

Femme, une journée ne suffit pas

Hommage

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J’étais toujours obnubilée par son sourire.
Souriante à tous les coups. Je pensais qu’elle n’avait rien qui pouvait la rendre furieuse. Près d’elle, j’avais fini par comprendre qu’être une mère, était plus qu’un métier.C’était plus qu’une profession.

J’ai grandi avec une ambition: découvrir pourquoi elle était toujours souriante. J’étais peut être encore naïve. Mais, je voulais comprendre d’où elle puisait cette gaieté. Elle, C’était une femme. Elle avait certainement ses soucis, ses ennuis mais….elle avait comme truc qui comment les dissimuler dans son sourire. Son sourire lui procurait un plaisir inestimable. Je le devinais quand elle fermait doucement ses yeux de ses paupières afin d’esquisser son sourire.